Assurance vie : est-il normal de perdre de l’argent ?

Un contrat d’assurance vie peut afficher un rendement positif… tout en faisant perdre de l’argent à son souscripteur. L’inflation, les frais récurrents et certains choix de supports transforment parfois ce placement en une course d’endurance où le capital s’effrite lentement, loin des promesses affichées.

À première vue, une assurance vie paraît solide. Pourtant, en 2022, de nombreux contrats ont affiché des rendements nets en deçà de l’inflation. Les frais de gestion, souvent sous-estimés, rognent année après année le capital investi, même lorsque les marchés stagnent ou progressent timidement.

Les sorties précipitées, des choix hasardeux de supports en unités de compte, ou une anticipation fiscale défaillante peuvent aussi provoquer des pertes inattendues. Les garanties en capital, loin d’être la norme, dépendent du contrat et des supports retenus. Certaines mauvaises surprises arrivent vite à qui néglige ces paramètres.

Perdre de l’argent avec une assurance vie : un phénomène courant mais souvent mal compris

Le contrat d’assurance vie n’a rien d’un placement miraculeux. La promesse de rendement ne s’accompagne pas, systématiquement, d’une réelle valorisation du capital. Selon France Assureurs, le rendement moyen des fonds en euros s’est établi à 2,5 % en 2023, tandis que l’INSEE a enregistré une inflation à 4,9 %. Résultat immédiat : les épargnants voient leur pouvoir d’achat reculer. Même sans perte comptable, le capital s’effrite, rattrapé par la hausse des prix et les frais de gestion.

Voici les deux grandes familles de supports à connaître pour comprendre où se logent les risques :

  • Les fonds en euros protègent le capital investi, mais leur rendement se révèle modeste, souvent inférieur à la progression des prix.
  • Les unités de compte (UC) s’appuient sur des actifs potentiellement plus dynamiques, actions, obligations, SCPI, ETF, mais exposent l’épargne à la volatilité et à la possibilité de pertes en capital.

Les marchés ne sont pas seuls responsables des pertes. Les frais sur versements, d’arbitrage ou de gestion ponctionnent sans relâche l’épargne. Les supports en unités de compte peuvent enregistrer de lourdes baisses lors des chocs boursiers. La diversification, souvent présentée comme un rempart, ne protège pas de tous les dangers. Le mode de gestion, libre, pilotée, profilée ou à horizon, oriente fortement le parcours de l’investissement.

L’apparente sécurité des fonds en euros dissimule une usure lente, aggravée en période d’inflation. Les chiffres de France Assureurs et de l’INSEE confirment cette réalité : la diminution du pouvoir d’achat liée à l’assurance vie s’inscrit dans la durée. Le contrat d’assurance vie doit donc être envisagé comme un placement de long terme, dont la rentabilité dépend de nombreux paramètres et, surtout, d’un arbitrage avisé entre protection et recherche de rendement.

Quels sont les principaux risques qui menacent votre épargne ?

La perte en capital ne se limite pas à une simple baisse de la valeur du contrat. Plusieurs facteurs s’entremêlent et pèsent sur la rentabilité réelle de l’assurance vie. Le tout premier danger, c’est le risque de marché : les unités de compte exposent l’épargne aux secousses des marchés boursiers, obligataires, immobiliers ou encore des ETF. Quand l’économie vacille, la valeur du contrat suit. Les profils dynamiques, très investis en UC, voient leur capital fluctuer parfois sévèrement.

La tranquillité promise par le fonds en euros n’est pas sans faille. Ce support garantit bien le capital, mais ses rendements, devenus faibles, ne suffisent plus à compenser la hausse généralisée des prix. Conséquence : le montant affiché stagne, mais le pouvoir d’achat recule, en silence.

Autre point de vigilance, les frais. Frais de gestion, sur versements, d’arbitrage… Ces prélèvements automatiques diminuent la performance, année après année. Un contrat trop gourmand, c’est une source de revenus pour l’assureur, rarement pour l’épargnant.

Et la liquidité dans tout cela ? L’assurance vie est accessible, sans pénalité de retrait avant huit ans, mais la fiscalité et les délais de traitement peuvent retarder un rachat rapide. Le choix d’un profil d’investisseur attentif, prudent, équilibré ou dynamique, permet d’ajuster l’exposition à ces risques. Une allocation mal calibrée ouvre la porte aux déconvenues.

Décrypter le fonctionnement des supports : fonds en euros et unités de compte face à la volatilité

Le contrat d’assurance vie repose sur deux mécanismes bien distincts : le fonds en euros et les unités de compte. Le premier, souvent privilégié pour sa garantie du capital, joue la carte de la sécurité. Les montants investis ne sont pas amputés (hors faillite de l’assureur), avec une couverture FGAP plafonnée à 70 000 € par client et par établissement. Mais cette tranquillité a un coût : rendement en berne, parfois inférieur à l’inflation, ce qui provoque une érosion lente du pouvoir d’achat.

Les unités de compte, elles, plongent directement dans les marchés : actions, obligations, SCPI, ETF, OPCVM. Le potentiel de gain s’accompagne d’une volatilité marquée et d’un risque de perte en capital. La valeur du contrat varie au rythme des marchés financiers. Une correction boursière, une hausse des taux, et la valorisation vacille. Les secousses deviennent alors le quotidien du souscripteur.

Le mode de gestion influe directement sur la trajectoire de votre épargne. Voici les principales options disponibles :

  • Gestion libre : l’épargnant répartit lui-même ses avoirs entre fonds en euros et UC.
  • Gestion pilotée ou profilée : un professionnel ajuste l’allocation selon votre profil de risque et la durée du placement.
  • Gestion à horizon : l’allocation évolue automatiquement, avec une sécurisation accrue à l’approche de l’objectif (retraite, transmission par exemple).

La provision pour participation aux bénéfices (PPB), propre aux fonds en euros, a parfois un effet tampon. Elle permet à l’assureur de lisser les rendements servis et d’atténuer les à-coups, mais sa redistribution reste soumise à la stratégie de l’assureur, dans la limite réglementaire de huit ans.

Pour tirer son épingle du jeu, il faut ajuster en permanence le curseur entre stabilité et performance, en tenant compte du contexte économique, de son profil et de ses objectifs à long terme.

Conseils pratiques pour limiter les pertes et investir sereinement dans l’assurance vie

Privilégier la diversification reste la meilleure façon d’atténuer la volatilité et de limiter le risque de perte sur un contrat d’assurance vie. La stratégie consiste à répartir son épargne entre fonds en euros, pour la sécurité, et unités de compte, pour viser plus de rendement. L’exposition aux marchés financiers doit toujours être adaptée à l’horizon de placement et au niveau de risque accepté.

Pour éviter d’investir tout son capital au mauvais moment, les versements programmés permettent de lisser les points d’entrée. Constituer son épargne étape par étape, sur plusieurs mois ou années, réduit l’impact des chocs boursiers. Pensez également à réajuster régulièrement la répartition de votre portefeuille, en fonction de vos objectifs et des évolutions du marché.

La gestion pilotée, profilée ou à horizon séduit ceux qui préfèrent confier les arbitrages à des spécialistes. Des plateformes telles que Nalo, Goodvest ou Linxea proposent des stratégies personnalisées, souvent avec des frais plus légers qu’en agence. Les comparateurs comme Meilleurtaux offrent une aide précieuse pour cibler le contrat qui convient vraiment à votre profil.

Ne négligez jamais la clause bénéficiaire : son optimisation conditionne la transmission de votre patrimoine. Profitez des avantages fiscaux offerts après huit ans de détention, notamment l’abattement sur les gains. Certains contrats intègrent des garanties optionnelles, comme la garantie plancher ou le stop loss, pour sécuriser une partie du capital transmis en cas de décès. Un conseiller financier saura affiner la stratégie en tenant compte de votre situation familiale et patrimoniale.

Au bout du compte, l’assurance vie ne se résume ni à un placement sans risque, ni à un produit miracle. C’est un outil à manier avec discernement, capable du meilleur comme du moins bon. Reste à choisir son cap, à garder le cap, et à surveiller, année après année, si le vent souffle dans la bonne direction.

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