À 45 ou 55 ans, beaucoup se demandent s’il est encore temps de planifier leur retraite. L’inquiétude est palpable, surtout lorsque l’on réalise que les années ont filé à une vitesse folle. La question est légitime : comment rattraper le temps perdu et assurer une retraite paisible ?
Loin d’être vouée à l’échec, une planification de la retraite amorcée sur le tard n’est pas une cause perdue. Avec rigueur et lucidité sur ses finances, il est tout à fait possible d’avancer, même à l’approche de la cinquantaine. L’essentiel, c’est de partir d’un état des lieux honnête et de se munir des bons outils pour faire évoluer sa situation, étape après étape.
Pourquoi prendre en main sa retraite reste incontournable ?
Penser à sa retraite, ce n’est pas une lubie. C’est indispensable pour ne pas voir son niveau de vie dégringoler d’un coup sitôt la vie active derrière soi. Les professionnels, à l’image de Laurie Therrien, planificatrice financière à Québec, le disent sans ambages : repousser les calculs ou naviguer à vue, c’est s’exposer à une déception amère le moment venu.
On parle souvent du taux de remplacement, ce pourcentage du salaire que couvrent les pensions. D’année en année, il s’étiole. Selon les scénarios du Comité d’Organisation des Retraites en France, d’ici 2050, seuls 40 à 45 % des dépenses des anciens actifs seraient couverts par les dispositifs publics. Ce qui n’est pas anticipé devra donc être assumé sur fonds propres ou via des ajustements de train de vie.
Il existe un autre levier à prendre au sérieux : les avantages fiscaux attachés à certains véhicules d’épargne pour la retraite. Que ce soit au Québec (RRQ, SV) ou en France (PER), les solutions sont là pour maximiser son effort d’épargne tout en allégeant la pression des impôts.
À intégrer dans votre réflexion :
Avant de se lancer, quelques règles de base méritent d’être posées :
- Évaluer ses besoins futurs : Calculez le budget dont vous aurez besoin pour vivre dans de bonnes conditions une fois à la retraite.
- Choisir les bons outils : REER, CELI, assurance-vie, PEA… Chaque option a ses spécificités, ses avantages fiscaux et sa logique propre.
- Faire appel à un professionnel : Un spécialiste peut ajuster votre plan, repérer les angles morts et affiner votre stratégie de placements.
Même en commençant tard, anticiper reste le levier le plus puissant. Avec, en ligne de mire, un rapport actifs/retraités qui passera à 1,2 en 2050, chaque montant mis de côté pèsera plus lourd pour demain.
Quand prendre le virage de la retraite ?
Fixer le moment idéal pour se pencher sérieusement sur sa retraite n’a rien d’évident. D’après une étude Ipsos, c’est à partir de 42 ans que l’envie d’y voir plus clair s’impose. À cet âge, stabilité professionnelle et maturité familiale permettent souvent de commencer à épargner efficacement.
Évidemment, ceux qui s’y prennent avant profitent à plein de la magie des intérêts composés. Mais même pour les retardataires, rien n’est figé. Structurer l’approche permet d’accélérer la cadence et de rattraper une partie du temps passé. Pour y parvenir, il y a des étapes clés à franchir :
- Faire le point sur son épargne : Actifs, dettes, placements, il faut dresser le tableau complet de la situation.
- Se fixer des objectifs précis : Quel revenu vise-t-on à la retraite ? Répondre à cette question évite l’improvisation.
- Sélectionner les bons supports : REER, CELI, PER, assurance-vie… à choisir en fonction de votre fiscalité et de vos projets.
Entre la France, avec un âge légal de 62 ans, et le Québec où la rente du RRQ peut être initiée dès 60 ans (la SV à 65 ans seulement), le calendrier varie. D’où l’intérêt d’une réflexion personnalisée, en fonction de sa localisation et de son contexte économique.
Démarrer sérieusement à 42 ans ne met personne hors-jeu. Évidemment, plus c’est tôt, mieux c’est. Mais il n’y a pas d’âge limite pour décider de prendre la maîtrise de sa retraite.
Quels outils et stratégies pour un projet solide ?
Se donner les moyens de sa retraite passe par la multiplication des sources de revenus. Plusieurs solutions financières sont disponibles, chacune à sa manière :
- REER : Diffère l’imposition tant que l’argent n’est pas retiré. Idéal pour alléger l’impôt à court terme, même si les futurs retraits seront fiscalisés.
- CELI : Les gains croissent sans fiscalité sur les retraits. Flexibilité et accessibilité sont ses véritables atouts pour préparer des projets de vie après carrière.
- Plan d’Épargne Retraite (PER) : Outil phare en France, il offre une déduction à l’entrée et construit un matelas pour l’avenir tout en réduisant la facture fiscale actuelle.
- Assurance-vie : Polyvalente, elle permet d’investir selon différents horizons, tout en offrant une transmission optimisée à ses proches.
- Plan d’Épargne en Actions (PEA) : Permet d’accéder à la performance des marchés européens avec, au bout de cinq ans, une fiscalité avantageuse.
- SCPI : L’immobilier sans les tracas de gestion directe et avec une perception régulière de loyers.
Chacune de ces solutions présente son propre équilibre entre rendement, risque, fiscalité et horizon de placement. Par exemple, investir sur un REER implique une fiscalité lors du retrait, alors qu’avec un CELI, la croissance et le retrait sont exonérés d’impôt. Le PEA se distingue par son intérêt long terme, tandis que la SCPI sort du lot pour l’accès à l’immobilier sans contraintes. Il ne suffit pas d’accumuler, il faut ajuster régulièrement sa stratégie aux évolutions réglementaires et aux changements de contexte. C’est ce que conseillent les experts, notamment Laurie Therrien à Québec, ou Éric F. Gosselin à Montréal : rester attentif, s’adapter, et remettre son plan à jour dès que nécessaire.
Comment réagir si le départ est tardif ?
Arriver tard sur le dossier de la retraite ne ferme pas la porte à l’optimisme. Rien n’est figé, l’essentiel est d’engager des actions rapides et ciblées.
Augmenter la cadence de l’épargne : Quand le temps presse, il faut muscler ses versements. Utiliser le maximum des plafonds de cotisation sur les REER ou PER permet de grappiller les derniers bénéfices fiscaux et de renforcer l’épargne en peu de temps.
Prolonger son activité : Décaler la date de départ de quelques années, c’est ajouter des droits à pension et augmenter ses réserves. Choix parfois difficile mais souvent payant sur le long terme.
Revoir la stratégie de placements : Certains choisissent de dynamiser leur portefeuille, avec plus d’actions, de l’immobilier ou davantage de diversification. Idée : viser davantage de rendement, mais toujours avec une gestion des risques à la hauteur.
Des sources de revenus complémentaires à envisager
Pour compléter ce que rapporteront les pensions, divers leviers existent :
- Cumul emploi-retraite : Un temps partiel, c’est garder un ancrage professionnel tout en augmentant son pouvoir d’achat.
- Immobilier locatif ou SCPI : Proposer un studio en location, investir via une société civile… La pierre garde une place de choix pour générer des flux réguliers sans tout gérer soi-même.
Au Québec comme en France, l’équilibre des régimes publics évolue rapidement, et les projections s’alignent sur une prise en charge partielle des besoins des retraités. D’ici 2050, la part couverte par les pensions pourrait s’éroder à 40–45%. S’appuyer sur ses économies personnelles ou des ressources complémentaires devient alors une nécessité pour préserver son indépendance financière.
Renforcer ses apports, multiplier les pistes d’épargne ou de revenu, c’est possible même après un démarrage tardif. Prendre ce virage tardivement n’écrit pas la fin de l’histoire : c’est, au contraire, le début d’un nouveau chapitre où chaque choix compte double face au temps qui file.


